Semer des cailloux pour mieux enlever ceux qui pèsent dans les cœurs

de Chantal, Professeure de Lettres, Culture générale

13/10/2020

La veille de Noël est l’occasion de rassembler les lycéens et étudiants pour entendre des témoignages de personnes de leur âge, des adultes, au cœur d’associations. Une journée de Solidarité.

Le 20 décembre 2018, Emmanuelle Enfrein et moi-même y avons participé pour présenter la fondation OCIRP. Des jeunes de toutes classes nous ont alors réservé une attention toute particulière. Nous étions là pour leur parler d’eux, nos magasines O’cœur entre leurs mains. Le thème est inattendu, surprend. Le calme souligne alors l’impact que le thème de l’orphelinage dans les classes a sur chacun d’eux. S’entendre dire qu’un ou plusieurs de leurs camarades a peut-être perdu un parent devient, sous nos yeux, une réalité de leur quotidien. Une prise de conscience : « Peut-être elle, lui ? » « On parle de moi ». Le silence laisse ensuite place aux questions, aux émotions, quelques têtes baissées, quelques pleurs.

Dans les deux établissements où j’enseigne et qui partagent les mêmes valeurs, la Direction et les collègues rendent concrets les dispositifs auxquels nous réfléchissons au sein de la fondation OCIRP. Plus nous rendons visibles et lisibles ces moyens, aussi modestes soient-ils -une case « père/mère décédé.e » lors de l’inscription, une fiche « informations » invitant chacun à écrire ce qu’il souhaite faire partager à l’enseignant (professeur principal ou non) en début d’année- plus nous aspirons à une trouver la meilleure des communications, le meilleur ciment. Ainsi, nous accompagnons les enfants, les adolescents, les jeunes adultes sur un chemin plus clairsemé, avec moins d’embûches. A nous, adultes, enseignants, de les aider à enlever des cailloux qui encombrent et alourdissent leurs sacs et poches d’écoliers, pèsent sur leur cœur.

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A propos de l’auteur·e

Chantal BOHIN-LORIOT

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